- Drame
- Policier
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Séance à :
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Séance à :
110 minutes
vostfr
- Etats-Unis
Josh O’Connor, Alana Haim, John Magaro
Scénario et dialogues Kelly Reichardt
Image Christopher Blauvelt
Son Ryan Billia et Daniel Timmons
Décors Anthony Gasparro
Montage Kelly Reichardt
Musique originale Rob Mazurek
Massachussetts, 1970. Père de famille en quête d’un nouveau souffle, Mooney décide de se reconvertir dans le trafic d’œuvres d’art. Avec deux complices, il s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère compliqué. Traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour.
Après le western (La Dernière Piste, First Cow), Kelly Reichardt déconstruit le film de casse, et commence par s’en amuser franchement. Fils d’un juge et d’une amatrice d’art, J.B. porte des pulls de premier de la classe et ne fait rien de ses dix doigts. Il ment à sa femme (Alana Haim, la révélation de Licorice Pizza, ici dans le rôle ingrat de l’épouse ignorante et ignorée), soutire de l’argent à sa mère pour financer son affaire, largue ses deux petits garçons dans la nature le temps du braquage, sur un tempo de comédie à feu doux, avec un sens du détail génial que ne renierait pas Wes Anderson — voir le break maous costaud qui attend les larrons à la sortie du musée et dont il faut descendre le pare-brise arrière à la manivelle ! La beauté (et la durée) de chaque plan, des cadrages, l’allant jazz, trompette et percussions, de la bande originale, tout est plaisir.
Absolument surprenante, la cinéaste développe ce que la plupart de ses confrères ne prendraient pas la peine de filmer. Ainsi lorsque J.B. s’en va, de nuit, entreposer son butin à la campagne, en haut d’une grange difficile d’accès. Et de monter l’échelle une fois, deux fois, trois fois, puis de faire tomber l’échelle, et de choir à son tour. Tant d’efforts, soudain, pour quelqu’un qui en produit si peu habituellement et dont on ne sait guère, au fond, ce qu’il attend de la vie — ou pour se mettre à vivre. Cette façon de se laisser porter, assortie d’un égoïsme au doux sourire, assombrit la séduction du personnage à mesure que The Mastermind vire au récit de cavale.